L’or a gagné 9 % en 2016 

Les derniers jours de décembre ont vu l’or remonter un peu. Au total, c’est un gain de 9 % (en dollars) pour l’or en 2016 comme le titrait Le Figaro le 30 décembre. À la veille de la Saint-Sylvestre, Capitalrappelle que cette hausse fait suite à trois années successives de baisse pour le métal doré. L’article passe d’ailleurs en revue les variations du cours de l’or durant l’année écoulée : « Tout au long du premier semestre les investisseurs avaient renforcé leur exposition sur l'or en raison des inquiétudes sur la croissance mondiale qui ont amené la Réserve fédérale à différer la normalisation de sa politique monétaire. (…) Mais à partir de novembre, les cours sont repartis à la baisse, conséquence de l'envolée des taux longs américains après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle du 8 novembre. Puis, le 15 décembre, au lendemain de la décision de la Fed de relever ses taux pour la première fois depuis un an, l'once d'or a touché un plus bas de 10 mois. » Malgré tout, 2016 reste une bonne année pour le métal précieux.

Les Échoseffectue la même rétrospective sur l’or à l’aube de la nouvelle année. « L’année qui s’achève aura été particulièrement mouvementée pour l’or, qui a bénéficié des incertitudes politiques liées au Brexit au premier semestre, avant de perdre de son attrait dans la perspective d’une relance budgétaire aux Etats-Unis. » Une embellie que les experts n’avaient pas projetée, annonçant 2016 encore à la baisse. De nombreux événements sont pourtant venus marquer l’année et soutenir l’or, tous plus imprévisibles les uns que les autres, avec le Brexit, la Deutsche Bank qui vacille pour ne citer que ces exemples. Ainsi, l’or a connu « son pic annuel le 11 juillet à 1375,34 dollars, soit une progression de près de 30% par rapport au 31 janvier 2015 ». Le dernier trimestre a, quant à lui, été moins porteur pour le métal jaune : la baisse débutée en août a perduré et continué, notamment après les élections US, qui ont entraîné l’once d’or sous les 1 200 dollars, ainsi que la défaite de Renzi en Italie et le relèvement des taux par la FED en décembre mais aussi les perspectives de la mise en place du programme économique, qui devrait relancer l’économie, par Trump, qui prendra ses quartiers à la Maison Blanche le 20 janvier. Preuve qu’il est difficile de prévoir l’évolution du cours de l’or qui reste encore et toujours un excellent moyen de placer son argent.

Exprimé en euros, le gain annuel de l’or s’élève à 12,7 %, précise
L’Express dans un article du 30 décembre également. Il termine l’année à 1159,10 dollars, soit 28 dollars de mieux que 15 jours avant. Cette hausse, qui peut paraître peu significative, reste tout de même mieux que certains actifs ou devises : « Parallèlement, l'euro a perdu environ 3% de sa valeur contre la devise américaine. Ce faisant, la performance de l'once est meilleure que celle des grands indices d'actions d'Europe continentale (+ 5% environ pour le DAX 30 et le CAC 40). »


Reprise de l’or
Après la légère hausse de fin décembre, le début d’année poursuit sur cette tendance comme l’indique un article du Figaro mardi 3 janvier : « Depuis quelques jours, l'once d'or reprend quelques couleurs après avoir chuté de plus de 11% suite à l'élection de Donald Trump. » La réaction des investisseurs ne s’est pas faite attendre : « L'indice Sentix du sentiment des investisseurs sur le métal précieux prend acte de ce rebond technique : pour la première fois depuis l'élection américaine, les personnes interrogées sont plus nombreuses (28%) à être optimistes pour l'or que le contraire (18%). » Même si cette confiance devrait avoir une influence limitée sur le cours de l’or, ce retour à la relique barbare est néanmoins à souligner après plusieurs semaines de désaffection du métal précieux par les investisseurs.

L’or proche de son plus haut de 3 semaines
Ce mercredi 4 janvier, la hausse continue : « Les prix de l’or progressent proche de leur plus haut de trois semaines » rapporte Investing.com alors que la veille il atteignait les 1166,00 dollars, « un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le 14 décembre ». Dans le même temps, le billet vert a reculé « depuis son plus haut de 14 ans » ceci expliquant peut-être cela : « L’indice U.S. dollar, qui mesure la force du billet vert contre un panier de six principales devises, recule de 0,2% à 103,04, s’éloignant de son plus haut de 14 ans de 103,82. »

Boursorama précise que ce mercredi l’once cotait 1165,9 dollars au terme du premier fixing de Londres. Une embellie soudaine comme le souligne l’article alors même qu’aucun facteur extérieur ne semble intervenir : « Et pourtant, les indices d'actions, actifs risqués par excellence, restent bien orientés. Si les rendements obligataires américains se traitent un peu en dessous de leurs récents records de mi-décembre, ils restent relativement élevés, à 2,45% pour le T-Note américain à dix ans. Enfin, le dollar reste proche de ses sommets face à ses grandes contreparties depuis 2002. » Une hausse qui pourrait perdurer puisque la Chine va bientôt fêter la nouvelle année, cette période étant toujours propice à l’achat d’or.

Comment la Chine envisage de prendre la tête du marché mondial de l'or
C’est d’ailleurs à ce géant consommateur d’or que
Sputnik consacre un article (en anglais). En 2016, l’empire du Milieu a joué un rôle prépondérant dans le marché de l’or : « Le statut de l'un des plus importants importateurs de lingots du monde, la participation à la fixation de l'or sur le marché de Londres et un plan pour créer un centre d'investissement en or de bijoux à Shanghai a transformé la Chine en un des principaux acteurs sur le marché mondial de l'or en 2016. » Ainsi, la Chine peut désormais influencer encore davantage les cours du métal précieux. « D'une part, les acheteurs d'or chinois peuvent maintenant facilement entrer sur le marché mondial en raison de la baisse des prix. D'autre part, les détenteurs d'or, y compris la Banque populaire de Chine et les clients privés, peuvent profiter de la lente reprise dans les prix». En plus de rendre un peu plus transparent un marché qui était opaque, avec la manipulation des cours par des banques mise au jour cette année, « à long terme, la Chine est susceptible de commencer à exporter de l'or ».

 

Comment et combien investir dans l’or ?
C’est la question que pose
LeRevenu.comdans un article du 4 décembre. En effet, suite à la baisse du prix de l’or, il est plus que tentant de se positionner sur l’or… avant une remontée. « Lerevenu.com conseille d’en détenir à hauteur de 5 à 10% de vos actifs. Pas d’avantage. Car l’or est très fiscalisé et ne distribue aucun revenu. » Si le but de l’or n’est pas de faire gagner de l’argent, c’est l’occasion de rappeler qu’il permet néanmoins de constituer un bas de laine pour les jours moins cléments : « Utilisé depuis la nuit des temps comme réserve de valeur sous forme de monnaie, bijoux ou placements, l’or est le métal précieux universel. Il s’adresse aux épargnants inquiets, à la recherche de sécurité matérielle. Mais également à ceux qui souhaitent spéculer sur les conséquences de certains chocs auxquels d’autres placements résistent mal, tels que l’inflation, les guerres et la perte de confiance dans la valeur des monnaies. » Or papier ou or physique ? L’avis du Revenu.com est tranché : « Attention, seul l’or physique permet de profiter pleinement des attributs de l’or comme valeur refuge. Avec l’or papier, vous avez toujours un risque lié à l’émetteur du produit qui peut faire faillite. »

Une hausse de bon augure pour l’année 2017 ?
Avec cette remontée en décembre et ces derniers jours, néanmoins symbolique, faut-il pour autant être optimiste pour 2017 ? L’année 2016 l’a démontré, il est bien difficile de prévoir les mouvements de l’or. Pour
l’AGEFI, « les analystes prédisent une nouvelle hausse en 2017 ». Elections en Europe (France, Allemagne…), mise en place de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, prises de positions de Trump imprévisibles, les facteurs pouvant jouer en faveur de l’or sont nombreux. « Un rebond du protectionnisme pourrait ainsi aider l’or dans les mois qui viennent, estiment les analystes de Commerzbank. Le scénario le plus positif pour le métal jaune apparaît ainsi en négatif, une déception vis-à-vis des résultats économiques obtenus par le changement de politique prôné par Donald Trump et un sursaut protectionniste global. «Nous ne serions pas surpris si l’or passait le seuil de 1500 dollars si Donald Trump décevait» et s’il n’entretient pas de «bonnes relations» avec les autres grandes puissances, estime ainsi Naeem Aslam, analyste en chef chez ThinkMarkets. »

Pour
Zonebourse, le même optimisme est de mise si l’on en croit le titre de son article du 30 décembre dernier « L'or, brillant début 2016, pourrait ternir en 2017 ». En cause ? « La demande pourrait remonter à moyen terme, car l'or est également protégé de l'inflation et des risques géopolitiques", ont nuancé les analystes de Capital Economics, qui soulignent notamment les tensions qui croissent déjà entre le futur président des États-Unis et la Chine, ainsi que la montée des mouvements populistes dans le reste du monde. »