Pause de la FED sur la hausse des taux, mais pour combien de temps?

"Fed: pause attendue sur les taux mais pour combien de temps" c'est le titre de cette dépêche AFP relayée par le site ZoneBourse et derrière ce titre qui peut sembler anodin se cache en réalité la question la plus importante économiquement aussi bien pour les marchés financiers que pour celui des métaux précieux à commencer par l'or et l'argent.

Si la Fed dit et redit qu'elle "va désormais être patiente avant d'agir sur les taux" ce n'est pas les dernières données économiques mitigées de ces dernières semaines qui vont  changer son attitude et d'ailleurs lors de sa réunion de politique monétaire mardi et mercredi dernier la FED a bien confirmé le ralentissement économique mondial.

Du coup, point de hausse de taux à l'avenir... mais et c'est le deuxième volet pour combien de temps?

Si la FED annonçait qu'elle ne pourra plus jamais monter ses taux d'intérêt pour l'éternité, alors cette simple déclaration aurait pour effet de provoquer une flambée immédiate et exponentielle de l'ensemble des actifs tangibles dont évidemment l'or et l'argent mais aussi de l'immobilier puisque cela voudrait dire que nous irions vers un épisode d'hyperinflation.

Cette déclaration ne sera donc jamais faite par la FED quand bien même dans un système économique mondial où la dette est telle qu'il y a une impossibilité quasi-physique à la montée des taux.

Pour maîtriser au mieux les choses, la FED va donc communiquer en indiquant des délais qui n'en finiront pas d'être repoussés, mais l'idée sera une gestion par itération et de courts termes afin de tenter de faire croire que les taux, un jour, pourront remonter.

Dernier élément, la FED a annoncé également qu'elle suspendait la réduction de son bilan. En clair, la FED ne retire plus d'argent du système financier mondial. Une bonne nouvelle pour l'or qui explique l'essentiel du dynamisme des cours.

 

USA/Immobilier-Net rebond des reventes de logements avec la pause de la Fed

Pour bien comprendre l'impact de cette pause des taux et de l'abondance de cet argent presque gratuit, il est très intéressant de relier cette information à la précédente. Dans cette dépêche l'agence Reuters explique que "les reventes de logements aux Etats-Unis ont nettement rebondi en février pour atteindre leur plus haut niveau en onze mois, signe que la pause observée par la Réserve fédérale (Fed) dans le resserrement de sa politique monétaire produit des premiers effets sur l'économie américaine.

Selon les statistiques publiées vendredi par la National Association of Realtors (NAR), principale fédération d'agents immobiliers du pays, les reventes ont progressé de 11,8%, à 5,51 millions en rythme annualisé!

Une hausse de presque 12% des ventes sur le marché américain est une hausse plus que significative.

En l'absence de hausse de taux, avec une abondance de liquidité, nous assistons évidemment à une montée de la demande en actifs tangibles, prélude à une hausse des prix importantes, et au gonflement de bulles spéculatives de plus en plus gigantesque.

Certains y verront donc des bulles, nous pourrions aussi y voir le prélude à l'hyperinflation, l'hyperinflation commençant logiquement par la hausse des... actifs tangibles les investisseurs les plus avertis préférant arbitrer des actifs financiers immatériels vers du tangible plus sécuritaire.

 

L'or, grand bénéficiaire de la Fed?

D'après le Journal l'Echo en Belgique qui cite le Conseil mondial de l'or, "le cours du métal précieux a eu tendance à progresser après la fin des précédents cycles de resserrement monétaire, même si cet effet n'a pas toujours été immédiat".

S'il y a encore 6 mois, FED anticipait 3 hausses de ses taux d’intérêt pour 2019, cette prévision a fait long feu ce qui fait dire au Conseil mondial de l’or (le World Gold Council en anglais) que "la Fed est en train de passer d’une politique de resserrement monétaire à une phase de stabilité de ses taux directeurs".

"Dans une note publiée mardi, cette organisation, qui fédère les plus grands groupes miniers de la planète, estime que ce changement de stratégie de la Fed devrait influencer le cours de l’or à l’avenir".

 

Une banque basée aux USA envisagerait de vendre de l’or vénézuélien

Côté géopolitique, c'est toujours une immense bataille qui se livre entre les Américains et une grande partie du monde occidentale et le Venezuela pour un double enjeu autour des réserves d'or et de pétrole de ce pays d'Amérique du Sud.

Comme le rapporte cet article de l'agence Sputnik.com, "en dépit de la crise qui sévit au Venezuela, Citigroup a refusé de différer le remboursement du prêt accordé au pays et envisage de vendre l’or fourni par Caracas à titre de garantie, affirme l’agence Reuters.

Citigroup a l’intention de vendre plusieurs tonnes de l’or vénézuélien représentant la garantie d’un prêt accordé à Caracas, rapporte Reuters, se référant aux propos de sources proches du dossier.

«Selon les termes de l’accord signé en 2015 avec Citibank qui appartient à Citigroup, le Venezuela devait payer 1,1 milliard de dollars sur le prêt le 11 mars dernier», relate l’agence de presse.

Le montant total du prêt est de 1,6 milliard de dollars, dont la partie restante doit être remboursée l’année prochaine. D’après deux sources citées par Reuters, Citibank envisage de vendre l’or qu’elle détient à titre de garantie, d’une valeur de près de 1,36 milliard de dollars, pour couvrir la première tranche, et de placer le reste (près de 258 millions de dollars) sur un compte bancaire à New York.

Une des sources contactées par l’agence de presse a fait savoir que la Citibank avait refusé à Caracas de différer le paiement, bien que la partie vénézuélienne l’ait informée du cas de force majeure que connaît le pays.

Fin janvier, l’opposant vénézuélien Juan Guaido s’est autoproclamé Président en exercice du pays et a prêté serment au cours d’une manifestation. Donald Trump l’a alors reconnu en tant que Président par intérim.

Une cinquantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont suivi l’exemple de Washington. La France a également reconnu M.Guaido comme «Président en charge». La Chine, la Russie, la Turquie et le Mexique ont apporté leur soutien au gouvernement en place".

 

Or, ces signes qui montrent que ce placement pourrait battre les actions et les obligations.

Dans ce contexte économique et d'intérêt géopolitique fort pour le métal jaune, il n'est pas étonnant de voir un magazine grand public comme Capital à nouveau se pencher sur l'or.

Pour Capital, "alors que les actions et les obligations d’Etat ont rapporté plus que l’or depuis 2011, la tendance pourrait bientôt s’inverser, selon certains indicateurs.

"L’or a eu globalement le vent en poupe, depuis le creux de 2015. Reste que comparé aux actions et aux obligations publiques des Etats-Unis, le parcours du métal jaune a pour le moins manqué d’éclat, depuis le record historique de 1.911 dollars inscrit par l’once en 2011 - même si une inflexion est perceptible, ces dernières années. Alors que l’or - un placement ne générant pas de revenu - évolue souvent à l’inverse des taux d’intérêt réels (c’est-à-dire les taux d’intérêt moins l’inflation) du fait de phénomènes d’arbitrage, il a bénéficié dernièrement de l’ajustement du discours de la Réserve fédérale des Etats-Unis (banque centrale du pays), qui augure un virage vers une politique monétaire moins restrictive (c’est-à-dire des taux d’intérêt plus accommodants), dans un contexte plus incertain et moins porteur pour l’économie mondiale. “Après un mois de décembre calamiteux, les banques centrales nous ont pris dans leurs bras. La Réserve fédérale marque une pause et envisage la fin du resserrement quantitatif. Mario Draghi relance l’idée d’un TLTRO (opérations ciblées de refinancement de long terme accordées aux banques par la BCE, NDLR). Et en quelques mois, la Banque centrale chinoise est clairement passée de sévère à accommodante”, souligne Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez la société de gestion genevoise Pictet Asset Management"...

Là encore, nous voyons poindre la même analyse même si beaucoup de choses ne sont pas formellement dites!

Si la croissance n'est pas au rendez-vous, que les taux d'intérêts restent bas, mais que les bénéfices des entreprises sont faibles et  les rendements obligataires proches de zéro, voire, même négatifs, alors, il ne restera que deux planches de salut... L'or et l'immobilier !!