L’affaiblissement du dollar soutient l’or
En début de semaine, l’or s’appréciait légèrement. Jeudi 15 février, il connaissait une embellie grâce à la faiblesse du dollar, comme le rapportait
CercleFinance.com via TradingSat.com : « L'once rebondit et se rapproche de nouveau, en dollar, de ses sommets annuels atteints autour du 25 janvier dernier. »Il cotait ainsi 1 353,7 dollar, progressant de pas moins de 17,45 dollars. Pourtant, les taux du T-Note américain à 10 ans continuent de se tendre, à 2,93 %, alors qu’ils étaient à 2,40 % fin 2017. L’article explique ainsi l’évolution du marché obligataire qui joue en défaveur du billet vert… et soutient alors l’or : « Mais si le marché obligataire se tend, on a appris hier que l'inflation (CPI) aux États-Unis s'est maintenue en janvier à 2,1%. Et surtout que les ventes au détail s'étaient inopinément contractées. De ce fait, l'indicateur avancé GDPNow de la FED d'Atlanta, qui présage de la croissance du PIB américain pour le 1er trimestre, est revenu brutalement de 4% à 3,2%.Un élément qui pèse sur la devise américaine, revenue autour des 1,25 dollar l'euro, et fait donc monter le cours de l'once dans cette monnaie. »

« Or: l'once se rapproche maintenant des 1 360 dollars », c’est le titre d’un article de
Boursorama.com relayant une news CercleFinance, en date du vendredi 16 février. Il revient ainsi sur le dollar, qui a bien du mal à se reprendre : « Voilà, en dollar, l'once d'or à un nouveau plus haut annuel alors que le billet vert américain, qui avait tenté de se reprendre ces deux dernières semaines dans le sillage de la tension des taux longs, est de nouveau à la peine, à 1,25 dollar l'euro ce midi. » Là encore, des taux en hausse devraient soutenir le dollar. CercleFinance.com explique ainsi que cet indicateur n’est pas forcément un bon signe : « (…)  la hausse des taux longs peut aussi refléter des inquiétudes budgétaires. 'Le sentiment négatif envers la devise américaine, lié entre autres aux perspectives de creusement du déficit budgétaire et d'augmentation importante de la dette fédérale des États-Unis, l'emporte sur les perspectives de forte croissance de l'économie américaine et de hausse des taux du FED', indique un spécialiste ce matin. »

« L'or reprend son souffle après de forts gains », c’est un article de RetailCrowd.com (en anglais) du vendredi 16 février qui évoque cette prise de gain importante de l’or au milieu de la semaine dernière. Il bénéficie ainsi des données économiques US décevantes : « Les inscriptions au chômage ont grimpé de 230 000, juste au-dessus de l'estimation de 229 000. (…) L'Empire State Manufacturing Index continue de ralentir et a chuté à 13,1, manquant l'estimation de 17,7 points. L'indice Philly Fed Manufacturing a grimpé à 25,8, dépassant facilement l'estimation de 21,5 points. » Et d’ajouter : « Les craintes d'une inflation élevée ont été un catalyseur de la liquidation du marché la semaine dernière, et les craintes d'une reprise de la spirale descendante pèsent sur le dollar. Si les investisseurs réagissent négativement et abandonnent encore les marchés, les actifs refuges comme l'or seront probablement les grands gagnants. » L’or a ainsi récupéré ses pertes de la première moitié du mois de février.

L’once se replie alors que le dollar monte
Cette semaine, la tendance est plutôt à la baisse pour la relique barbare. En effet, le billet vert reprend du poil de la bête, comme on peut le lire sur
Boursorama.com. Et quand le dollar monte, l’or baisse, puisque la monnaie US est la principale devise de négoce du métal précieux : « Certes, l'once avait frôlé les 1360 dollars la semaine passée, alors que l'euro enregistrait une nouvelle poussée contre le dollar américain, devise de référence pour le métal jaune, en cotant de nouveau plus de 1,25 dollar. Mais le billet vert s'est repris entre temps, profitant notamment d'un climat moins porteur en Allemagne, et est remonté vers 1,2350 dollar l'euro. » Quant aux taux du T-note US à 10 ans, il reste autour de 2,90 %. L’or, par définition, n’offre aucun rendement. Les investisseurs se tournent donc vers le marché obligataire. Enfin, en Chine, un des principaux acheteurs d’or au monde, c’est le Nouvel an lunaire : les marchés chinois sont fermés le temps de cette fête, faisant ainsi chuter la demande d’or. L’or cotait 1337,4 dollars ce mardi au premier fixing du jour à Londres, soit 9,2 dollars de moins par rapport au fixing de lundi après-midi.

Pour
DailyFx.com, « L’once d’or bute sous 1350$, le dollar rebondit » dans un article du mardi 20 février également. Pour le site d’actualités et d’analyses de marché, « Le cours de l’or devrait continuer à se replier ». Cependant, même si le billet vert reprend son souffle, « L’environnement fondamental n’a pas changé outre-Atlantique. Les inquiétudes sur le déficit américain qui devraient être causées par la baisse d’impôt et le projet d’investissement de 1500 milliards de dollars de Donald Trump font pression sur le DXY [dollar US] ». L’or est donc sous pression. Mais le billet vert semble sur une tendance baissière à long terme, peut-on lire.

Boudé par les investisseurs, l’or revient à l’industrie
C’est
Usine Nouvelle qui fait une comparaison des demandes de l’or sur 2016 et 2017 dans un article du jeudi 15 février à travers une infographie édifiante. Les ETF, qui s’élevaient à 547 tonnes en 2016, a considérablement chuté en 2017, s’établissant à 203 tonnes. Les pièces et lingots ont, eux, perdu 20 tonnes. Ainsi, « La demande mondiale d’or a chuté de 7 % en 2017, et ce, malgré les efforts de la Chine (+306,4 tonnes) et de la Banque centrale russe (+ 224 tonnes à elle seule) » mais la demande en métal précieux des banques centrales a néanmoins baissé de 19 tonnes. La bijouterie en revanche a vu sa demande d’or augmenter de 83 tonnes (+ 4 %), l’électronique de 10 tonnes (+ 4 %), et les industries d’une tonne.

L’or brille moins aux yeux des épargnants
Et c’est Le Monde qui titrait ainsi un de ses articles mardi 20 février, en lien avec la réforme de l’ISF, devenu l’IFI, et l’apparition de nouvelles taxes sur le métal précieux depuis le 1er janvier 2018 : « Depuis le 1er janvier 2018, la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TFMP) a encore augmenté pour atteindre 11,5 % du prix de vente de l’or, de l’argent et du platine – dont 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). » Pas étonnant donc que « Les Français, pourtant friands de lingots et de francs Napoléon en or, ne dynamisent pas le marché », alors que selon une étude Ipsos de 2014, ils possèderaient pas moins de 3 000 tonnes d’or dans leurs bas de laine. Une information à nuancer cependant : « À la fin des années 1990, le marché de l’or a perdu son aura, quelques nouveaux entrants ont souhaité diversifier leurs portefeuilles depuis, mais 90 % du bas de laine est lié à l’acquisition familiale. »

L'inflation est bonne pour l'or!
Et c’est un article de
SeekingAlpha.com du dimanche 18 février qui le dit. On apprend ainsi que « L'indice des prix à la consommation a été plus chaud que prévu à 2,1%. Un rapport de CNBC a indiqué que le nombre "pousse l'économie vers une zone dangereuse potentielle pour l'inflation." Les analystes avaient anticipé une inflation en janvier à 0,3, après avoir augmenté de 0,1 le mois précédent. Au lieu de cela, le nombre de décembre a été révisé à 0,2 et le mois de janvier à 0,5. Comme l'a souligné Peter Schiff dans son podcast, si vous multipliez 0,5 par 12 mois, il s'agit d'une inflation de 6% par an. » Voilà qui devrait porter l’or, car même si la FED peut augmenter les taux pour tenter de contrecarrer l’inflation, cela ne va pas l’arrêter. Pour ce faire, « ils devraient augmenter les taux de manière agressive, ils devraient augmenter les taux plus vite que l'inflation ne va augmenter, et ils ne le sont pas », ce qui ne semble pour le moment pas au programme de la Réserve fédérale US.

Pays Basque: le projet de mine d'or a été retoqué
Nous vous avions parlé du projet de mine au Pays basque d’or dans l’une de nos revues de presse l’année dernière. Le projet minier avait provoqué une levée de boucliers notamment d’associations. La demande de projet a finalement été refusée rapporte
L’Express dans un article du jeudi 15 février : « Le ministère de l'Économie a rejeté ce jeudi une demande de permis de recherche de mines d'or dans une zone du Pays basque connue pour des productions agricoles protégées. L'information a été confirmée par le sous-préfet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) Hervé Jonathan, confirmant une information du site Mediabask. » Le projet concernait 11 communes, dont des zones de production sous AOP.